Cela fait maintenant 9 mois que nous sommes installés à Montréal, et je me suis rendue compte que cela avait vite passé même si les 6 premiers mois n’ont pas toujours été faciles, et que cette époque de galère me paraît bien loin maintenant. On a eu l’avant et l’après Québec.
Quand on est arrivé en février, ça n’a pas été facile pour nous, on a dû tout découvrir dans le froid glacial. Y a des jours je me disais qu’on était dingue de s’être exilé dans un pays où il fait -40°C et je me demandais vraiment ce que je foutais là ! ça avait pas de bon sens! (comme diraient les québécois).
Les stages ne se passaient pas super bien pour nous deux, surtout pour moi, notre proprio était un vrai connard (excusez la vulgarité mais y a pas d’autres mots pour le décrire!), on n’avait pas rencontré de québécois intéressants et on avait vraiment pas envie de rester au Québec.
Mais finalement Mo a eu une proposition d’embauche, on s’est pas mal torturé le cerveau : qu’est ce qu’on fait, on reste ou pas ? mais si on reste pas, on va où ? et moi si je trouve pas de travail ? tu crois qu’on va tenir un hiver de plus ? allez on tente le Maroc ! ah c’est clair mais est ce qu’il y a du boulot là bas? est ce qu’on va y arriver là bas ? c’est vrai que ça serait plus raisonnable de se faire une expérience ici tant qu’à faire on est là, on va économiser, et on verra après ! Allez on tente un an au Québec, un an dont 6 mois d’hiver c’est pas si pire !
La décision s’est prise ensemble, c’était en juin si je me rappelle bien. A rester, il fallait changer d’appart et de proprio! c’est en juillet qu’on a aménagé dans notre appart. Mo commençait son contrat dans sa boîte et moi j’essayais de m’occuper tant bien que mal. Je ne pouvais pas trouver un job puisque mon visa n’était que pour le stage.
Le fait de rentrer en France nous a fait énormément de bien, nous attendions avec impatience notre retour, et ayant eu une expérience très décevante et une vision négative du Québec, c’est vrai que j’ai appréhendé mon retour au Québec.
Je ne savais plus pourquoi j’y retournais. J’étais angoissé à l’idée de ne pas trouver un job qui me plaise et de ne pas vouloir rester au Québec. Mais je voulais donner une seconde chance au Québec, je ne voulais pas rester sur une impression négative genre Le Québec ça craint, les québécois sont tous des cons, ah j’ai pas aimé le Québec et je n’y retournerai jamais, n’y allez pas ! de toute façon on s’était dit que si ça ne marchait pas, on n’y resterait pas.
Mais depuis qu’on a déménagé, on est mieux installé, on a maintenant tous les 2 un boulot qui nous plaît, et on commence à aimer la poutine !
Non sérieusement, même moi qui étais je pense la plus désespérée de tous les expatriés français ingémédians, j’ai changé d’avis car j’ai changé de vie!
On vous fait de gros gros bisous : aux amis, à la famille (nos papas, mamans, frères et soeurs), on pense souvent à vous et ce n’est pas facile de se faire une raison de ne pas pouvoir vous voir quand on le voudrait (très souvent) car il y a un océan qui nous sépare…