Notre séjour à Cuba
Pour faire un bref résumé de nos vacances à Cuba, on peut dire que notre séjour a été assez bipolaire : entre le décor paradisiaque des hôtels, les plages de Varadero et la réalité de la vie des cubains, il y a plus qu’un fossé c’est deux mondes…
En arrivant le premier jour à 2h du mat à l’hôtel on était trop excité pour dormir alors on a fait le tour du proprio et on a complètement halluciné sur l’hôtel, le parc avec pleins de palmiers, la méga piscine, la méga chambre,… bref on avait jamais fait d’hôtel 4 étoiles, d’habitude c’est plutôt auberge de jeunesse crasseuse ou faux plan à Boston…
En tout cas on était comme deux gamins et trop contents surtout d’être tout d’un coup après seulement 4 heures de vol dans les Caraïbes où encore à 2h du mat il faisait 25 degrés !
Les premiers jours on a profité de la plage et de la mer aux différences nuances de bleu où l’eau était à 27 degrés… C’était vraiment trop bon !
On est allé sur une île presque déserte “Cayo Blanco” avec son sable blanc et sa nature sauvage en bord de plage. C’était une excursion en catamaran, où on s’est également arrêté à un delfinarium en plein milieu de l’océan, on a pu caresser des dauphins mais c’était trop court !! c’est trop doux les dauphins et ils sont trop gentils. On a même fait un petit peu d’apnée pour voir aussi en plein milieu de l’océan des coraux avec pleins de poissons trop beaux.
Le jeudi on est parti visiter La Havane, on a pris juste le transfert en bus, d’ailleurs y avait que des allemands dans ce bus et une guide cubaine qui parlait allemand, c’était horrible mais heureusement qu’on avait les MP3 !
On ne voulait pas faire une visite guidée et on voulait le découvrir par nous même, d’ailleurs on avait prévu de passer la nuit a La Havane.
Dès nos premiers pas, on s’aperçoit que les rues sont défoncées avec des énormes nids de poules, des tas de pierre gisent parfois en plein milieu des rues, les façades sont délabrées, pas mal de cubains sont dans la rue assis à attendre, à discuter, le temps s’est arrêté, la chaleur humide est accablante et on comprend vite dès nos premiers pas à la Havane qu’on va se faire traquer.
Dès qu’on s’arrêtait prendre une photo ou que l’on ralentissait un peu pour admirer les rues et les bâtisses du quartier de la Habana Vieja, quelqu’un venait nous voir pour demander soit de l’argent, soit du savon,…
On avait apporté des cadeaux pour les enfants et plein de savons car on savait qu’ils en avaient besoin car ils sont rationnés par le gouvernement.
On a été saoulé parce que dès qu’on donnait, ils demandaient autre chose ou alors y a plein de cubains qui se ramenaient.
Même le petit vieux sur la place que l’on voit danser sur la vidéo a essayé de soutirer 2 pesos à Mo ! C’est clair qu’ils sont dans la misère mais ils se disent qu’on est des vaches à lait et qu’on a plein d’argent. Ils demandent tous “Where do you from?” et ils s’en foutent carrément, c’est juste un moyen de commencer la conversation et de demander quelque chose après, c’en est devenu oppressant. Même dans un marché assez étroit d’artisanat, ils arrêtaient pas de nous solliciter et on est sorti sans rien acheter du coup.
Ce qui est assez hallucinant c’est qu’à Cuba, il y a deux monnaies : le peso cubano (la moneda nacional) pour les cubains et le peso convertible qui est plus fort que le dollar canadien et l’euro ! Vous aurez compris que le peso convertible est pour les touristes et donc on paye tout plus cher ! dès qu’il faut lâcher un pourboire c’est à coup d’1 ou de 2 pesos, alors forcément ils traquent les touristes pour avoir des pesos convertibles (1 peso convertible = 24 pesos cubanos).
Du coup ils peuvent se faire autant en une journée qu’en un mois de travail (15 pesos convertibles par mois quelque soit le métier exerce).
Cuba revient très cher car il faut payer tout le temps, le papier toilette à la dame pipi, l’orchestre qui joue dans le bar (et il y en a toujours un), le papi qui pose avec son cigare (et oui c’est un business aussi). D’ailleurs c’est pour cela que nous n’avons pas trop de photos de La Havane ni de ses habitants !
Même un midi on sort d’un resto avec un doggy bag qu’on voulait donner justement, on se demandait si on allait trouver quelqu’un, on a pas fait 20 mètres qu’un couple avec une gamine nous tombe dessus et nous demande le sac, presque à nous l’arracher des mains… ils l’ont pris, je ne sais même pas s’ils nous ont remercié qu’ils demandaient encore autre chose… Morad m’a tiré par le bras et on est parti.
Un autre exemple, on se retrouve dans une rue pas fréquentée et il y avait un petit garçon, on avait des petites voitures dans le sac à dos et on les lui donne. On n’a même pas eu le temps de voir sa réaction que 3 mecs adultes arrivent et nous demandent assez agressivement des jouets car eux aussi prétendent avoir des enfants. On n’en avait plus et puis même si on en avait c’est sûr qu’on ne leur aurait pas donné… le petit garçon est parti on a même pas pu discuter avec lui, j’ai même cru à un moment que ces enflures allaient lui arracher des mains.
Franchement on était vraiment sur le cul, c’est vraiment du racket. On sait qu’ils sont dans la merde mais c’est le gouvernement qui les fout dedans. Surtout quand on voit la richesse que doit apporter le tourisme.
En tout cas, on était blasé par le quartier de la Habana Vieja, on a bougé dans Vedado, là où on dormait dans une casa particulare le soir. C’est un quartier résidentiel des classes moyennes et là par contre on ne s’est pas fait accoster. Dans la vieille Havane c’est très touristique donc c’est là qu’on trouve le plus de mendiants.
Le plus contradictoire pour le gouvernement c’est le refus du capitalisme, l’ouverture du pays alors que Cuba regorge d’hôtels pour du tourisme de masse. Mais le tourisme fait vivre beaucoup de monde et ce n’est pas forcément le peuple qui en récolte les fruits…
Varadero est une presqu’île et là où il y a tous les hôtels, il y a un péage qui filtre les entrées, un cubain qui ne travaille pas dans un des hôtels ne pourra pas rentrer, ils contrôlent tout, ils ne peuvent pas aller se baigner sur les plages réservées aux touristes, ils n’ont pas le droit de manger des langoustes,… l’esclavage ne paraît pas si loin finalement….